Dans un monde transformé par la pandémie, l’Espagne fait figure d’oasis culturelle. Car, contrairement à de nombreux pays européens, théâtres, cinémas ou salles de spectacles peuvent y ouvrir malgré la reprise galopante des contagions. “Être ici devant vous, c’est une bénédiction, j’applaudis de toute mon âme l’effort fait dans ce pays pour défendre la culture”. La main sur le coeur, le ténor mexicain Javier Camarena, qui n’était pas monté sur scène depuis des mois, exprimait ainsi sa reconnaissance la semaine dernière devant le public du Théâtre Royal de Madrid, selon l’AFP. Face à lui, 1.200 personnes - en costume ou manteau de fourrure mais masquées, bien souvent de FFP2 - ayant rejoint leur siège en suivant un fléchage minutieux après s’être laissé prendre la température. Jauge réduite, écart entre les spectateurs, vestiaire et bars fermés, nouveaux systèmes d’aération, traçage des éventuels cas: sur la base d’un strict protocole sanitaire, les lieux culturels ont été autorisés à rouvrir l’été dernier, après un confinement des plus sévères, et le sont toujours en dépit de la reprise de l’épidémie, contrairement à la France ou à l’Allemagne par exemple.